Source : Le Journal de Montréal (Michelle Coudé-Lord)
«Quelle est la différence entre Dieu et Guy A. Lepage ? Dieu ne se prend pas pour Guy A. Lepage !» Et voilà le ton de l'entrevue du Franc-Tireur Richard Martineau avec l'animateur de Tout le monde en parle. Le dieu Guy A. a été franc, direct et a vanté sa liberté.
Sur l'affaire du doc Mailloux, il dit : «Il s'est détruit lui-même. Au moins, il s'assume. Ce n'est pas ma faute si CKAC diffuse ses allégories de malade mental.»
Sur l'affaire Denise Bombardier et le mauvais parler des humoristes : «J'avertissais les humoristes de ne pas lui répondre car tout ce qu'elle veut, c'est de se mettre sur la sellette. Eh ! oui, je lui ai fait manger de la marde aux Olivier de l'an dernier. Même si certains n'ont pas aimé, moi, je la trouve ben drôle, ma joke.»
Sur son lancer de trophée au gala de l'ADISQ : «C'était un manque de solidarité de ma part, j'ai mal réagi, j'étais fatigué et aujourd'hui, quand j'y pense, ça me met en tabarnak.»
Au-dessus de la mêlée! Sur les cotes d'écoute : «On capote trop sur les cotes d'écoute. À TVA, ils te font filer cheap même avec une cote d'écoute de 1,4 million de téléspectateurs. Moi, je leur dirais fuck you !»
Le Franc-Tireur soulève le cas de la dernière série à TVA, Vice caché, dont on vient de tirer la plogue parce qu'elle ne récoltait pas une cote de 1,2 million de téléspectateurs.
Martineau lui demande alors si avec un fou du roi, André Ducharme dans ses oreilles et ses petits cartons il est vraiment un animateur.
«Les cartons, ce sont les faits, Dany fait ce qu'il veut et André me dit ce qui se passe sur le plateau si un invité est en colère. Moi, je m'en crisse de ce que tu dis à mon émission ; ça t'appartient, ce n'est pas moi qui le dis.»
Et le Franc-Tireur de rétorquer : «Et si je suis plate, je vais être coupé au montage...»
Zéro bitchage Et y paraît que c'est possible de dire non à Tout le monde en parle sans être jugés ou lapidé sur la place publique.
«Il y a zéro bitchage dans l'équipe sur les personnalités qui disent non. Je déplore seulement le fait que les élus et les politiciens, parfois, manquent de courage.»
Karla? Guy Cloutier? Là où Richard Martineau marque des points, c'est lorsqu'il amène Guy A. Lepage sur son invitation lancée à Karla Homolka.
«Un soir en soupant, elle a tué une jeune fille avec son chum. T'as pas de morale pour l'inviter à une émission entre une chanteuse et un autre artiste.»
Et Guy A. de répondre : «Dis comme cela, je dis non. Mais on invite les gens qui font l'évènement, dont tout le monde parle.»
Il ne dirait donc pas non à Guy Cloutier s'il veut aller sur son plateau.
«Mais c'est un pédophile, ça veut-tu dire que t'aurais reçu Hitler ?» ajoutera Richard Martineau.
«Pourquoi pas ben Laden s'il fait l'actualité ?» lance Guy A. qui refuse d'être dans les câbles.
Ceux qui trouvent arrogant et baveux l'ex-RBO seront comblés ce soir : Guy A. reste Guy A., quoiqu'il admette avoir quelques défauts.
Un auteur avant tout Il se décrit comme un maudit bon auteur, un mauvais chanteur qui aime chanter et un réalisateur pas pire du tout.
Il a deux projets de film en marche.
Il se dit surpris du succès de Tout le monde en parle. «Ça devrait faire 500 000 de cote d'écoute. C'est une première, un tel panel à la télévision au Québec.»
Et il rappelle qu'au début, «la vieille garde journalistique n'acceptait pas qu'un humoriste anime une telle émission».
Enfin, il ne cache pas qu'il est à l'aise financièrement grâce avant tout au succès de Un gars, une fille.
Mais il roule dans un vieux 4X4 qu'il utilise très peu et ne se dit surtout pas expert de la vie de couple ! Une rencontre vraie, sans détour, comme on les aime.
Les Francs-Tireurs ne sont pas certains de revenir, même avec de bonnes cotes d'écoute. «Faut croire que Télé-Québec veut jeter ses choux gras», a conclu hier Richard Martineau.